Innovation
Les menaces qui pèsent sur les pêches de captures sont énormes et complexes. Les ressources halieutiques et les océans sont plus que jamais soumis à des pressions importantes. Les solutions durables ne sont pas évidentes surtout en raison de la compétition sur ces espaces et l’absence de stratégies concertées pour leur solution.
L’aquaculture quant à elle offre une part de solutions pour les questions de productions pour combler le manque de disponibilité dû à la baisse des rendements dans la pêche mais fait face elle aussi à d’autres types de problèmes : environnementaux, compétition sur l’espaces, intrants et habitudes alimentaires.
Face à ces défis multiples, le BEAC à l’image des organisations spécialisées pense que l’innovation dans la pêche et l’aquaculture intégrée s’impose comme une voie à explorer qui devient indispensable pour transformer le secteur de manière à répondre aux défis de la sécurité alimentaire mondiale. Elle repose sur le développement durable, l’économie circulaire (comme l’aquaponie) et des technologies de pointe pour optimiser les rendements tout en minimisant l’impact sur les écosystèmes
Quatre axes majeurs résument cette transformation basée sur le principe de l’innovation :
- L’Aquaculture Multi trophique Intégrée (AMTI)
Ce système ingénieux imite les écosystèmes naturels en recyclant les déchets d’une espèce pour nourrir une autre.
- Exemple classique : L’eau enrichie en nutriments (déjections de poissons) est utilisée pour la culture de plantes (algues, macrophytes) ou d’autres animaux filtreurs (moules, huîtres).
- Avantage : Réduction drastique de la pollution de l’eau et valorisation optimale des ressources.
- L’Aquaponie : L’alliance agriculture et pisciculture
L’aquaponie combine l’élevage de poissons (pisciculture) et la culture de végétaux (hydroponie) en circuit fermé.
- Le cycle : Les déjections des poissons sont transformées en nutriments naturels par des bactéries. Ces nutriments servent d’engrais pour les plantes, qui en retour purifient l’eau avant qu’elle ne retourne aux poissons.
- Avantage : Une économie d’eau pouvant atteindre 90% par rapport à l’agriculture traditionnelle, idéale pour les zones arides ou urbaines.
- Les alternatives alimentaires durables
Pour pallier la surpêche et réduire l’impact environnemental, la recherche innove dans l’alimentation des poissons d’élevage.
- Protéines végétales et insectes : Utilisation de microalgues (riches en oméga-3), de farines d’insectes ou de protéines issues de levures pour remplacer les farines de poissons sauvages.
- Avantage : Amélioration du profil nutritionnel du poisson tout en préservant les ressources halieutiques.
- La Pêche et l’Aquaculture de précision (Pêche régénérative)
Les technologies numériques permettent une gestion écosystémique intelligente et préventive.
- Technologie embarquée : Utilisation de sonars haute résolution (Live Scope, etc.) et de capteurs IoT pour géolocaliser les espèces et surveiller la santé des bassins.
- Intelligence Artificielle et Drones : Analyse des données satellitaires pour traquer la pêche illégale et optimiser la chaîne d’approvisionnement (Blockchain).
Pour approfondir les différentes technologies émergentes vous pouvez vous référer aux ressources de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ou aux projets de recherche soutenus par laCommission européenne sur l’aquaculture durable.
A titre d’exemple la promotion des cultures intégrées dans les zones fluviales et du delta comme le fleuve Sénégal offrent des potentialités importantes dans ce domaine et s’adaptent au principe de l’innovation non seulement dans les techniques mais aussi dans les systèmes et les pratiques.
Au plan de la planification et l’aménagement des zones, le Littoral Mauritanien comme de nombreux autres espaces dans la sous-région renferme de nombreuses opportunités intégrées qui passerait inévitablement par l’utilisation des nouvelles technologies comme le mapping satellitaire pour développer des profiles économiques et sociaux pour les différentes zones de ce Littorale qui demeurent inexploitées jusqu’à présent.
Le BEAC dispose d’un réseau d’expertise internationale dans ce domaine et peut offrir ses services pour faire de ces espaces des espaces de vie et de développement économique durable en tenant compte des effets du changement climatiques.
